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Zubeneschamali ou la verte pince du Scorpion

Articles récents

Les publi du Scorpion : la mise à jour qu'on n'attendait plus !

24 Octobre 2020 , Rédigé par Béryl Asterell Publié dans #Nouvelles, #Publications

Bonjour à tous

Trois ans sans nouvelles, ça fait beaucoup !

Il s'est passé beaucoup de choses, mais les seules qui nous intéressent ici sont littéraires.

L'anthologie périodique Dimension Merveilleux scientifique de Rivière Blanche a définitivement fermé ses pages avec le volume 6 paru en juin 2020. La quatrième nouvelle du "cycle de Risthuy" s'y trouve, sous le titre Vents contraires en Mu.

Pour rappel, les autres sont : 

  • Aperçu du chaînon manquant à travers les brumes dans le DMS 4 de mars 2018
  • Les Ichtiandres dans le DMS 3 de février 2017
  • Cadrans lunaires dans le DMS 1 de juillet 2015

Auxquelles il faut ajouter Ce qui marche au fond du Pacifique, dans l'anthologie Lovecraft 2 de Nestiveqnen (parue en janvier 2018).

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Un Scorpion chez les rennes - Ep 2 : Coup de soleil chez les Hobbits !

8 Septembre 2017 , Rédigé par Béryl Asterell

Le mardi matin, la déesse Sol se décide à briller !

J'en profite donc pour tester le petit déjeuner finnois au café en face de mon hôtel, qui nous fait -10% : croissant + sandwich + thé (les finnois consomment encore plus de café que les Italiens ou les Turcs, mais sont des êtres civilisés). Puis je vais au musée des Beaux-Arts, l'Ateneum. Il n'est pas très grand, centré sur le XIXe siècle puisque les finnois ne faisaient pas de peinture à l'huile avant. Beaucoup de portraits et de paysages, qui témoignent d'un tempérament national mélancolique et introverti. Le plus curieux, c'est que ces peintures sont contemporaines du réveil national finnois. C'était l'époque de la collecte du Kalevala (poème épique avec une partie "création du monde") par Elias Lönnrot, qui s’inscrit complètement dans le mouvement romantique. Cette œuvre a inspiré le peintre Akseli Gallen-Kalela, mais aussi le compositeur Jean Sibélius (que je connaissais déjà) et qui faillit d’ailleurs devenir poète,

Je suite ensuite allée me balader sur le port, en passant par les jardins botaniques de l'université où j'ai rencontré une troupe d'oies sauvages. En discutant plus tard, j'ai appris qu'elles sont nourries en hiver, ce qui explique que j'aie pu m'approcher à moins d'un mètre sans les affoler. Dans une rue un peu en arrière du port, je découvre la cathédrale d'Helsinki au sommet de son immense escalier : c'est une église luthérienne de style suédois, très proche de ce que j'ai pu voir à Stockholm, construite au XVIIe siècle. Devant, sur la place, une statue du tsar Alexandre II qui promit aux finnois leur autonomie en 1812. Les finnois passèrent de de la domination suédoise à la celle de la Russie après que le commandant de la forteresse de Suomenlinna se soit rendu sans combattre, au terme d'une guerre essentiellement psychologique. Au départ, les tsars respectèrent bien les lois et la religion du grand-duché de Finlande. Mais à la fin du XIXe siècle, la politique de russification de tous les territoires périphériques (Sibérie et autres) provoqua la colère des finnois : "nous ne sommes pas suédois, nous ne voulons pas devenir russes, soyons donc finlandais !" fut le mot d'ordre du réveil national.

Comme je suis à côté, je me dirige vers la place du marché, en attendant d'apercevoir des gens sans doute costumés en elfes, qui devraient arriver vers 15 h... La plupart des produits sont des souvenirs pour touristes, mais il reste un coin vraiment local avec des étals de légumes. Le marché est situé au bord de l'eau ; on n'y vend plus de poisson mais il s'agit toujours du cœur de la ville.

Enfin, j'aperçois un Écossais en kilt violet et une jeune femme en robe médiévale avec un panier de pique-nique, accompagnés de plusieurs autres personnes habillées plus normalement. Après vérification, il s'agit bien de la Finnish Tolkien Society (FTS). Comme annoncé sur le site de la WorldCon 75, ils organisent un pique-nique à Suomenlinna, où ils invitent d'éventuels membres étrangers déjà présents en cette veille de convention. Je sors ma capeline elfique, et je monte sur le ferry avec la joyeuse troupe.

Nous arrivons un quart d'heure plus tard sur l'île principale de la baie d'Helsinki, où se trouve la forteresse qui donna son premier nom suédois à la ville : "Helsingfors" = "la forteresse du havre". Les canons n'ont jamais servi (puisque le dernier commandant s'est rendu). Elle a été transformée en prison à un moment, mais aujourd'hui c'est un musée, un quartier d'Helsinki (avec même une école, un collège et une église !), et le parc préféré des Helsinkiens en été. D'autres membres de la "compagnie", ainsi que les gobelets, arrivent par les ferrys suivants. Nous serons finalement une quarantaine, dont un couple d'Américains, un Italien, un Australien et quelques Scandinaves "vikings". J'ai réussi à trouver du fromage français en repassant à Marks and Spencer juste après ma sortie du musée. Il y a une tonne de victuailles, on se croirait chez les Hobbits ! D'autant plus qu'à la fin, il n'y avait presque plus rien...

J'ai évidemment discuté, mais j'ai profité de l'occasion pour goûter le bonbon le plus étrange qui soit : le salmiekki, qui est à la réglisse... salée ! C'est tellement, euh, indescriptible que je n'ai pas osé tester la liqueur qui en est tirée. Apparemment, le goût salé ne vient pas d'un ajout de sel, mais d'un minéral particulier. C'est spécial, et je crois bien avoir compris où JK Rowling a trouvé l'idée des Dragées-Surprises aux goûts improbables ! J'ai aussi acheté le sac officiel de la FTS, avec une illustration de Tove Janssen (auteur des livres pour enfants Moomin = Moumine en français) issue de l'édition finnoise du Hobbit.

Puis au moment où je commençais à m'endormir comme le dragon Smaug en pleine digestion, un des organisateurs de la WorldCon m'a proposé de me faire visiter l'île. J'ai donc pu admirer l'architecture militaire suédoise du XVIIe siècle, et des vues extraordinaires sur la baie d'Helsinki, où il y a de très nombreuses îles. Certaines sont habitées, d'autres totalement sauvages. Et je me suis ramassé un magnifique coup de soleil sur le nez ! Comme il y avait un peu de vent, ma capeline couvrait mes épaules, donc c'est le visage qui a pris.

Une très belle journée donc, et une préparation gastronomique à l'ambiance WorldCon

Suite : Episode 3 : La 2e plus grosse WorldCon en Europe !

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Un Scorpion chez les rennes - Ep 1 : Accueil glacial et pluies de mousson

6 Septembre 2017 , Rédigé par Béryl Asterell Publié dans #Salons & Festivals

Je suis arrivée en Finlande avant le début de la convention mondiale de S-F, le dimanche 6 août. Mon avion atterrissait à Vantaa, l'aéroport d'Helsinki, à 16h15 heure locale, c'est-à-dire +1h par rapport à Paris. Déjà, du ciel, c'est le dépaysement : après avoir traversé la Baltique, pas de champs cultivés mais des forêts ! Les Finlandais font bien un peu d'agriculture, mais le pays ne compte que 5,5 millions d'habitants dispersés, et l'industrie du bois est l'une de leurs principales sources de revenus.

La ville que je rejoins a beau être la capitale, elle ne compte que 600 000 habitants ! J'arrive à la gare centrale d'Helsinki, où je réalise que mon hôtel est plus près que je ne pensais ; il me suffit de contourner la poste, puis le Kiaska (musée d'art moderne), et j'y suis ou presque. Seul bémol à ce stade : j'ai bien fait de prendre un K-Way, parce que je traîne ma valise sous la pluie...

A la porte de l'hôtel, catastrophe ! Je découvre qu'elle est fermée et que je ne peux pas rentrer ! Au bout de 10 minutes, des clients sortent et j'entre dans la réception... où il n'y a personne... Là, un autre client m'explique (en anglais) que la réception est fermée le dimanche, et que j'ai dû recevoir un courriel m'indiquant les codes pour entrer et comment récupérer ma clé de chambre dans la case prévue pour ça. Sauf que ça fait bien 4 ou 5 jours que je n'ai pas regardé mes courriels, et que l'hôtel me l'a envoyé le jeudi précédent (comme je m'en suis aperçue plus tard). Un ordinateur étant en libre-accès, j'essaye d'accéder à ma messagerie, mais sans succès (et je n'ai toujours pas compris pourquoi). Finalement, je décroche le téléphone qui renvoie sur la réception d'un autre hôtel du groupe Hellsten situé à quelques rues, et là, une charmante employée me refait une clé à distance (il y a du matériel prévu pour) et me donne le code de la porte.

Dans la chambre, je réalise que "l'hôtel" est en fait un appart-hôtel, ce qui n'est finalement pas plus mal. Cela m'a permis de petit-déjeuner tranquillement certains matins, et de dîner certains soirs sans savoir à ressortir. C'est sobre, mais pas spartiate. Côté bruit, on n'entend pas du tout la rue (d'ailleurs peu passante) grâce aux doubles fenêtres qui doivent être bien pratiques l'hiver par -30° ; par contre, les couloirs et l'escalier de ce bâtiment ancien sont très bruyants. Heureusement que j'ai pris mes boules Quiès ! 

N'ayant pas encore rempli le frigo, je ressors sous la pluie et découvre un pub un peu plus loin dans la rue de mon camp de base. Je prends une salade de poissons, très bonne, et une bière délicieuse. Je ne serai donc qu'à moitié étonnée de voir le St Urho's Pub cité comme un des "classiques" d'Helsinki dans le guide remis par l'équipe de la WorldCon à tous les membres. Ce guide précise qu'il s'agit de l'endroit où se retrouve la "Helsinki Science Fiction Mafia". Donc sans le savoir, j'ai commencé ma convention ! Et comme il est proche du Parlement et de l'opéra, il est aussi fréquenté par les politiques et les artistes. Ce soir-là cependant, il n'y a que 2 autres clients en plus de moi, la faute à la pluie sans doute... 

Le lendemain, lundi 7, je ne me lève pas très tôt. Je sors l'après-midi, mais ce sera décevant. Les musées étant fermés le lundi, j'avais prévu de me balader dans la ville. Le problème, c'est qu'il pleut toujours. Si c'était juste un petit crachin, mon côté breton s'en accommoderait. Mais par moments, on se croirait en Asie pendant la mousson, sauf que les gouttes sont froides. Je finis trempée comme une soupe et je vais me sécher chez Marks and Spencer, puis je rentre avec des provisions. Je passe le reste de la journée entre mon bouquin sur Helsinki et le site de la WorldCon 75, à peaufiner le programme des jours suivants.

A suivre : épisode 2 - Coup de soleil chez les Hobbits

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Un Scorpion chez les rennes - WorldCon 75 à Helsinki, la saga en 7 épisodes

6 Septembre 2017 , Rédigé par Béryl Asterell Publié dans #Salons & Festivals

Du 9 au 13 août avait lieu la 75e convention mondiale de science-fiction à Helsinki, ou WorldCon 75.

J'ai eu une période "conventions manga", et sur le côté SFFF je fais plutôt des salons (Utopiales à Nantes, Imaginales à Epinal, Trolls et Légendes à Mons). Mais en 2014 j'avais profité de ce que la WorldCon était à Londres, intitulée Loncon 3, et j'y suis allée 3 jours sur les 5. L'expérience fut positive, et j'ai donc réitéré en Finlande cette année.

Cette fois, je me suis inscrite pour les 5 jours en totalité, et comme je n’avais jamais été en Finlande mais que j'aime bien le nord de l'Europe (j'avais déjà visité un peu la Suède et l'Allemagne du nord), j'ai décidé d'arriver  2 jours avant pour voir un peu la ville d'Helsinki.

Je craignais un peu les panneaux en finnois (langue proche de l'estonien, du hongrois et du turc, mais pas du tout des autres langues d'Europe). Par contre, je me disais que j'arriverais sûrement à me débrouiller en anglais : et en effet, les natifs parlent parfaitement anglais, comme tous les scandinaves. Et sur les panneaux, j'ai eu une bonne surprise, car en fait il y a 5% de suédophones en Finlande et tous les panneaux sont bilingues ! Or pour moi qui connais bien l'anglais et qui ai fait de l’allemand, j'ai pu comprendre certains mots, comme durant mon séjour en Suède. Je ne me suis donc pas du tout sentie perdue.

J'ai aussi retrouvé une particularité des pays nordiques : les magasins d’État qui ont le monopole de l'alcool (Alko en finnois), et la très faible tolérance sur ce chapitre.

La ville d'Helsinki m'a beaucoup plu, elle est très agréable en été. Et la convention était vraiment bien, les Finnois ont un incroyable sens de l'organisation !

 

Et pour rester dans le thème nordique, après ce générique, voici les 7 épisodes de la Saga "Un Scorpion en Finlande" :

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Enfants de la Lune et de l'Océan

20 Avril 2017 , Rédigé par Béryl Asterell Publié dans #Nouvelles

Un petit texte (novelette de 3 800 signes) datant de 2008, époque où j'écrivais surtout de la poésie. L'ambiance s'en ressent, c'est du Merveilleux. Avec un titre à rallonge...

A l'époque, il était paru dans le n° 2 du fanzine Siria (2e semestre 2008) consacré à la Féérie, thème de l'eau. Ce fanzine a malheureusement eu une existence éphémère entre 2008 et 2009. Je n'ai pas retrouvé son site, ni celui de l'association Mono'keros qui le portait ; quant au forum (siria.forumpro.fr*), c'est actuellement une coquille vide sur le Net : le dernier message de 2010 était du genre "c'est pas un peu mort?"...

* je ne mets pas de lien pour éviter une pollution par les bots...

Depuis le cœur des ténèbres, la Lune se mirait dans l'Océan.

L'astre des métamorphoses contemplait son reflet, songeant combien la ronde toujours semblable de ses compagnes stellaires pouvait se charger d'ennui au fil des éons. Insatisfaite, il lui arrivait de rendre visite à son éblouissant frère solaire, et parfois de s'amuser à masquer son éclat, mais sans cesse elle revenait à sa mélancolie. Le monotone ballet des étoiles gardait malgré tout un certain charme – cycles éternels parcourant la voûte immuable où s'écrit la destinée du monde !

Cette nuit-là, elle se montrait à peine, ne révélant qu'un croissant nouveau, avec la pudeur qui sied à la vierge. L'Océan était son miroir, son autre soi, son âme sœur. Elle entendait son appel puissant, la tempête à l'affût, prête à surgir des abysses. Elle aurait aimé rejoindre la liberté des vagues, plonger en son amant aquatique... Mais même à l'équinoxe, elle restait prisonnière du ciel, incapable de célébrer ses noces tant attendues.

 

Or, au sein de l'Océan, la magie du désir opéra. De l'image du croissant neuf, un être naquit, aussi blanc que l'écume des vagues créatrices. À sa forme lunaire venaient s'ajouter trois nageoires, une queue fine quoique musclée et un sourire malicieux. Le nouveau-né ouvrit les yeux, puis remontant vivement à l'air, poussa un cri suraigu. Puis il prit sa respiration et plongea. Alors, immense et rieur, le premier des Dauphins s'élança à l'assaut des mers du monde.

Écume, puisqu'ainsi ses créateurs l'avaient nommé, se mit à jouer inlassablement, à la découverte des merveilles sous-marines. Pourtant, il ne cessait de revenir à la surface, attiré malgré lui vers le ciel, qu'il tentait d'atteindre à force de cabrioles. La Lune fière se dévoilait de plus en plus, et bientôt les vagues rugissantes furent illuminées par le plein éclat de la perle des nuits.

Cependant la mélancolie revint, et la Lune recommença à perdre de sa lumière. Écume le ressentit et, bien que bercé par ses vagues natales, il se mit en quête d'inconnu. Ce qu'il cherchait, il n'aurait su en décrire ni l'aspect, ni le son, ni l'odeur ; tout au plus pensait-il que là-bas, très loin, quelque part au fond des mers, il trouverait... quoi ? Une essence indéterminée, capable de le compléter, de donner sens à une existence solitaire. Car il venait de prendre conscience de son caractère unique, là où les autres créatures formaient des espèces.

Lorsque la mélancolie fut à son comble, par une nuit pluvieuse, Écume s'endormit près du reflet voilé du dernier croissant. Le mouvement des vagues en brisait l'image. Une éclaircie soudaine révéla la Lune, qui jeta ses rayons vers la scène tranquille et murmura à l'oreille de l'Océan. Celui-ci approuva, et fit monter des volutes de brume au ras de ses flots maintenant immobiles. Sur ce miroir parfait, le reflet intact du dernier croissant se teintait désormais d'argent.

 

Alors, de nouveau, la magie du désir opéra. Un second être, semblable en tout point à son aîné, mais plus petit et couleur gris perle, s'éveilla sous la pluie.

Les cris et l'agitation soudaine réveillèrent Écume. Émerveillé, il aida la nouvelle-née à s'orienter. Communiquer leur fut facile ; ils découvrirent bientôt que l'un comme l'autre étaient aussi bavards, joueurs et curieux de tout.

Sous le regard complice de leur mère la Lune, Écume et Perle, les deux premiers Dauphins, partirent ensemble explorer le corps sans fin de leur père l'Océan. Eux aussi, un jour, participèrent à la magie de la création. Et lorsque leurs enfants furent nés, ils devinrent Roi et Reine du peuple des Dauphins, gardiens des mystères de l'Eau et de la Nuit.

C'est du moins ce qu'un ami m'a raconté, il y a longtemps, quelque part au creux des vagues, alors qu'il me portait sur son dos, filant aussi vite que les flèches argentées de son ancêtre lunaire.

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Le texte n'est pas l'histoire

20 Avril 2017 , Rédigé par Béryl Asterell Publié dans #Analyse

Bonjour, aujourd'hui, inauguration de la rubrique Analyse !

Comme tous les apprentis écrivains, je me suis posé et me pose encore beaucoup de questions. Mon réflexe n°1, dans ces cas-là, c'est celui de la lectrice boulimique que j'ai toujours été : « y'aurait pas un bouquin sur le sujet ? », ou plus récemment, « un site ? ». J'explore donc volontiers le thème « conseils d'écriture » dans les manuels papier mais aussi à travers les ressources en ligne.

Ces conseils me sont d'autant plus essentiels que mes études littéraires se sont arrêtées au niveau hypokhâgne... et en plus, à l'époque, je ne comprenais pas grand-chose à l'analyse des textes. J'avais l'impression que c'était assez artificiel, alors qu'en fait, avec le recul, pas du tout. Je manquais sans doute un peu de maturité intellectuelle. Sans parler du fait que je n'appréciais pas toujours tant que ça les textes étudiés... Je suis quand même une fan de science-fiction, fantasy et fantastique, à la base ! J'ai aussi lu voire aimé certains textes de littérature générale, mais ce n'est pas ce que je préfère. Et je suis persuadée d'être passée à côté de certains aspects de textes que j'ai lus mais pas vraiment compris, faute d'avoir « accroché ».

Bon. L'introduction étant introduite, il serait temps de passer au thème du jour : « le Texte – n'est pas – l'Histoire ».

Cette distinction peut paraître évidente, mais en fait... ça va mieux en le disant ! Et quand c'est Orson Scott Card* qui en parle dans How To Write Fantasy & SciFi (1990 ; traduction française Comment écrire de la S-F et de la fantasy, Bragelonne, 2006**), c'est que mine de rien, c'est le genre d'évidence qui A son importance.

Citation p : 142, extraite du chapitre 3 La construction du récit, point 2 Où commence l'histoire, et où finit-elle ?

« Le mythe de l'histoire, en opposition au texte, consiste en ce qui se passe et pourquoi. Le mythe est en général très simple, mais il commence aussi bien avant le début et se poursuit longtemps après la fin. Car les chaînes de causalité sont infinies. »

Je ne trouve pas ce vocabulaire très clair. Mythe, du grec mythos, c'est le récit, terme synonyme d'histoire. Alors « le mythe de l'histoire » ?!?

Ce qui est clair, en revanche :

  • le texte est « ce que lit le lecteur », le résultat final auquel aboutit l'auteur

  • le texte doit être distingué de « ce que l'auteur a en tête, ce que l'on veut raconter ».

Card poursuit en développant l'idée des « causalités infinies » :

« Par exemple, on croit généralement que l'histoire d'Œdipe commence lorsque ses parents, pour échapper à la prophétie qui voit le fils tuer son père et épouser sa mère, lui ligotent les chevilles et l'abandonnent, le laissant mourir.

Mais en fait, la chaîne de causalités commence bien avant. Les parents ont fait ce qu'ils ont fait parce qu'ils vivaient dans une culture où l'on croyait aux prophéties et dans laquelle on ne considérait pas comme un crime abominable de laisser un enfant laid mourir. Et il y a des raisons pour que la société ait adopté ces croyances et ces attitudes, et des raisons à ces raisons. La chaîne de causalités se poursuit également bien après – nous le savons, grâce aux pièces Œdipe à Colonne et Antigone, qui traitent des conséquences des choix effectués dans Œdipe roi.

Ainsi le mythe de l'histoire (sic) est en fait un long réseau de causes et d'effets, qui prend naissance longtemps avant l'histoire et se poursuit longtemps après. »

La différence entre l'histoire et le texte, c'est donc celle qui existe entre le réseau et le fil.

Le réseau : des lignes parallèles « cause-effet-conséquence », des personnages pris dans ces lignes, et une série de nœuds où se croisent événements et personnages, ce qu'on appelle les « nœuds de l'intrigue ».

Le fil : rouge comme le sang ou bleu comme le rêve, il passe par les mailles du réseau, s'empêtre dans les nœuds... et pas forcément dans l'ordre le plus logique ! On peut très bien commencer un texte par la fin, si cela se révèle la meilleure manière de mettre en avant l'idée centrale sur laquelle il est bâti, ou permet d'amener au mieux la révélation qui surprendra le lecteur.

Et le fil en question pourrait très bien passer ailleurs. Les auteurs de fanfics le savent, eux qui jouent à « Et si... ? », en explorant les possibilités laissées de côté par l'auteur du texte original. Les « histoires dont vous êtes le héros », et leur version moderne le visual novel, fonctionnent aussi sur ce principe : c'est toujours la même histoire... mais ce n'est pas la même version, donc pas le même texte à l'arrivée.

Donc, pour résumer ces premières réflexions sur la structure du récit :

L'histoire, c'est « ce que l'on raconte », la base incluant l'ensemble du background des personnages et tous les événements importants dans l'ordre logique (= chronologique, sauf dans les récits de paradoxe temporel, où l'effet précède la cause).

Le texte, c'est « comment je raconte l'histoire », l'ensemble des informations qui permettent au lecteur de reconstituer l'histoire, ordonnées de la façon la plus amusante possible ! L'intrigue correspond alors au choix des nœuds les plus intéressants et à l'ordre dans lequel je les présente. Cela dépend de l'angle d'attaque adopté, qui me permet de donner un sens à mon histoire, et à partir de là un thème se dégage. Si les notions de sens ou de thème vous paraissent exotiques, chers lecteurs, sachez que la plupart du temps, cette partie du processus n'est pas consciente, ou pas entièrement. Et faites confiance à votre intuition !

Personnellement, j'écris vraiment en suivant cette distinction.

Phase par phase : d'abord j'invente, puis je rassemble, je taille, je coupe, je structure... ça peut prendre pas mal de temps... et enfin, quand j'ai tous les éléments et que c'est bien clair dans ma tête, c'est-à-dire quand je sais exactement quelle histoire je vais raconter et que j'ai déterminé mon angle d'attaque, je rédige le texte.

Je suis ce qu'on appelle une « structurale » ou « architecte », avec la chance d'avoir une grande imagination. Donc mon problème de base, ce n'est pas le manque de matériau. Au contraire, j'ai besoin de sélectionner ce qui va « marcher », et que je suis capable d'écrire jusqu'au bout avec mes compétences techniques du moment. Sauf si je me lance un défi littéraire, comme ce livret d'opéra sur Orphée en alexandrins classiques*** commencé en janvier 2016, actuellement rédigé aux 2/3.

* Pour ceux qui ne connaîtraient pas Orson Scott Card (Prix Hugo et Prix Nebula pour La Stratégie Ender, et rebelote pour sa suite, La Voix des Morts ; World Fantasy Award pour Les chroniques d'Alvin le Faiseur), ou qui veulent réviser leurs classiques : OS Card sur Wikipédia

 

** Parenthèse « vie d'auteur » : j'ai eu la chance de tomber dès sa sortie sur cette fameuse édition aujourd'hui épuisée. À l'époque (juin 2006), c'était pile ce qu'il me fallait, j'étais justement à la recherche de conseils d'écriture. C'était mon avant-dernière année d'études ; je me souviens avoir dévoré le bouquin entre ma session d'examens normale et celle de rattrapage ! Au lieu de réviser...

 

*** Je ne sais même pas si un truc pareil est seulement publiable au XXIe siècle ! Cela dit, je l'ai fait pour m'amuser, parce que je suis aussi une grosse fan d'opéra, donc ce n'est pas très grave.

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Mon éditeur ♥ moi

15 Février 2017 , Rédigé par Béryl Asterell Publié dans #Nouvelles, #Publications

Hier midi, bonne surprise dans ma boîte aux lettres !

Mes exemplaires d'auteur de Dimension Merveilleux Scientifique 3, anthologie parue chez Rivière Blanche, où se glisse Les Ichtiandres, ma 2e nouvelle publiée, en fort bonne compagnie - car un vieux texte russe ouvre le volume, et que je fais référence à un roman du « Jules Verne soviétique », Alexandre R. Béliaïev.

Timing parfait pour un cadeau de St-Valentin ! ♥ !

 

Cette nouvelle est la suite de ma première publication, Cadrans Lunaires, dans Dimension Merveilleux Scientifique 1 en novembre 2015.

Cadrans Lunaires avait en fait été écrite en 2013 et refusée par l'appel à textes « Montres enchantées » du Chat Noir. Il faut dire que dans cette première version refusée, le premier paragraphe initial était très lourd et pas du tout sur la bonne tonalité. Après correction, j'avais ensuite tenté « Merveilleux scientifique » un peu au cas où, car je n'étais pas certaine que mon texte très steampunk* soit vraiment ce que Rivière Blanche recherchait... et bingo ! Pris !

J'ai déjà évoqué (vaguement) Cadrans Lunaires sur ce blog, sans en citer le titre, en mai 2016. Mais à l'époque, j'avais plutôt privilégié un focus sur mes toutes premières publications = les poèmes du Codex Poeticus. C'est donc à mes amies les Grenouilles** que j'ai annoncé la sortie de ma première nouvelle.

 

Bon, plus qu'à m'acheter Dimension Merveilleux Scientifique 2 pour avoir toute la collec'. En plus, elle a une préface de Serge Lehman et ça, c'est irrésistible ! (J'avais adoré son anthologie Chasseur de Chimères et c'est d'ailleurs comme ça que j'ai découvert Maurice Renard, et que je suis tombée dans la marmite du merveilleux scientifique !)

 

*steampunk, ou "futur à vapeur" : ce que la science aurait été si certaines technologies du XXe siècle avaient été mises au point au XIXe siècle, voire avant... et/ou si les inventions « à la Jules Verne » et autres jetpacks, voitures volantes ou rayons de la mort avaient été réalisés plus tôt, ou réalisés tout court... 

**Grenouilles : habitants de la Mare aux Nénuphars, également connu sous le nom de forum Cocyclics « c'est là qu'on bêta-lit » = le forum des apprentis écrivains SFFF (et quelques confirmés) qui se relisent mutuellement pour améliorer leurs textes. Et c'est sympa en plus, on boit et on mange du chocolat pour se (re)motiver !

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Salons 2016 du Scorpion

20 Novembre 2016 , Rédigé par Béryl Asterell Publié dans #Salons & Festivals

Le Scorpion est parfois migrateur...

En 2016 il est allé

  • en avril : au Festival des Mondes de l'Imaginaire de Montrouge, petit mais sympa, où j'ai trouvé de quoi remonter ma pile à lire "fantastique", et acheté une cagoule verte d'anthologie...
  • en mai : aux Imaginales d'Epinal, un salon du livre SFFF plutôt fantasy que j'adore, où j'ai retrouvé les Grenouilles de Cocylics ; je me métamorphose d'ailleurs en salamandre dénommée Axo sur ce forum
  • en novembre : aux Utopiales de Nantes, le premier salon européen de S-F (livres, cinéma / anime, JdR, BD + expositions artistiques et conférences scientifiques) ; un phénomène étrange s'est produit, la visite de Cthulunette, la fille-pas-très-cachée de Cthulhu... voir la photo prise par un passant et extorquée sous la menace de finir en sandwich pour son papa... 
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Interview du Scorpion par le Phénix

22 Mai 2016 , Rédigé par Béryl Asterell Publié dans #Poésie, #Vie d'auteur

Puisque je parlais de poésie en général et du Codex Poeticus en particulier, continuons sur notre lancée.

En janvier 2013, le Phénix maître des Hydres m'avait soumise à la torture rituelle de l'interview. En tant que créature caparaçonnée, ma résistance ne fut pas prise en défaut... et si vous voulez lire le résultat, c'est ici : http://collectif-hydrae.blogspot.fr/search/label/Interview

Pour être complète par rapport à ce que j'indiquais à l'époque : j'écris beaucoup moins de poésie actuellement, j'ai publié une nouvelle, et j'en ai une 2e en cours.

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Codex Poeticus

22 Mai 2016 , Rédigé par Béryl Asterell Publié dans #Poésie, #Publications

Comme je le disais à l'instant dans mon message initial, j'ai déjà publié des poèmes. Il ne s'agissait pas d'une publication au sens classique du terme = pas un éditeur pro, mais un fanzine, et mieux, le seul fanzine que je connaisse qui ait eu comme thème "poésie SFFF" (= science-fiction, fantasy & fantastique).

Pour un poète français, il est très difficile de trouver un éditeur, car malheureusement, la poésie comtemporaine est un genre qui se vend très mal. C'est pourquoi on voit beaucoup d'autoédition dans ce secteur. A l'époque, je n'avais pas les compétences pour ça (et je ne les ai toujours pas d'ailleurs, mais je sais où poser la question). Et puis, je voulais aussi que quelqu'un me dise si oui ou non, mes poèmes valaient quelque chose sur le plan littéraire - phase que tout apprenti auteur a connue un jour... Grande Ancienne POWER

Il me faut préciser que je suis venue à la poésie un peu par hasard. [Note à mon miroir : il faudra que je parle des liens entre musique et écriture] Pour ne rien arranger, j'ai longtemps été persuadée que la poésie c'était très compliqué, en tout cas trop pour moi... alors qu'il suffit de s'y mettre sérieusement et de travailler son Aaart (Quoi, mes chevilles ? J'm'en fiche, j'écris avec les mains ! - Se prend la plume dans son écharpe très très négligemment rejetée en arrière)

Donc, j'ai fouillé Internet, et je suis tombée, un beau jour de 2009, sur les publications du Collectif Hydrae. L'équipe cherchait des textes et des auteurs : j'ai répondu à un appel à poèmes, puis à d'autres... et de fil en aiguille, j'ai été présente au sommaire des n° suivants :

  • Volume Athématique de janvier 2010 (3 poèmes)
  • Codex Poeticus n°2 Songes des chimères (1 haïku)
  • Codex Poeticus n°8 Onirisme en noir et blanc (2 poèmes en prose)
  • Codex Poeticus n°9 Celtes dans l'espace (3 poèmes)

Précisons, pour ceux qui seraient intéressés par l'ensemble du projet, que le collectif est en sommeil depuis juillet 2014, après avoir publié 34 webzines dont 9 Codex, et divers autres textes.

Lien vers la page de téléchargement du Codex Poeticus : https://sites.google.com/site/leshydres/telechargement-codex-poeticus

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